• " Visite à Aimé Césaire" de Daniel-Maximin Nimrod aux Editions Obsidiane

     

    14€

    A l'occasion du centenaire de la naissance d'A. Césaire, cet ouvrage rassemble deux essais. Le premier raconte l'entrevue du poète tchadien avec A. Césaire à Fort-de-France en compagnie de D. Maximin et exprime la fascination de Nimrod pour son "père" martiniquais. Le second est consacré à l'engagement communiste d'A. Césaire, qui l'inscrit dans la tradition des écrivains contestataires.  

    Partir à la rencontre d’un poète de l’envergure d’Aimé Césaire – qui fêtera son 93e printemps le 26 juin –, lorsqu’on n’a fréquenté que son œuvre, constitue un choc sans retour. Je n’ai jamais songé à l’aborder. La raison en est simple : le grand Martiniquais appartient au royaume mythique. Films, reportages et entretiens ont beau souligner sa proximité, je ne quitte jamais ma place de jouisseur distant. Je m’en suis d’autant plus contenté que c’était – mais je l’ignorais – la posture la plus confortable. À présent que se précise notre entrevue, Aimé Césaire descend de l’Olympe où je l’avais placé pour embrasser les tracas de la vie. M’en voilà bouleversé. En dépit de l’imminence du rendez-vous, je n’ai même pas préparé un mot, un discours. Mon attitude a beau paraître assommante, je me la coltine comme un innocent. Les mythes à l’image des fantasmes gagnent à rester inaccessibles.

        Mais je prie ; j’écarte les idées noires qui m’assaillent. Sans détester l’improvisation, je ne tolère pas non plus la non-préparation. Paradoxalement, j’ai le sentiment de m’être préparé. Je ne comprendrais mon attitude que des années plus tard. 

        J’ai accepté avec ferveur d’accompagner Daniel Maximin à Fort-de-France. Dans ma valise, j’ai mis tous les ouvrages du maître. Là-bas, je noterai ses mots et ses gestes. Je ne sais ce que ses livres entretiennent avec mon intention...

     

    Quatrième de couverture

    «- Je suis mal fichu ! Je suis mal fichu, Daniel... Je ne suis pas bien...» Ainsi se plaint Aimé Césaire en montant l'escalier. Nous l'attendons au balcon de son bureau sis au théâtre municipal. Une discrète mise en scène s'opère dans mon esprit. Les audiences du poète, bien que n'ayant assisté à aucune d'elles, la première fois que voilà me permet d'y entrer de plain-pied. C'est que j'y ai participé à de nombreuses reprises pour avoir visionné des films, des reportages, des actualités. On y voit entrer sa voiture dans cette même cour. Ce matin, le chauffeur fait les mêmes manœuvres. Je me tiens au lieu exact où les caméramans captent leurs images...

     

     

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